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par Eric Kennedy

L’un des bâtisseurs de la communauté francophone saint-jeannoise n’est plus

Le Père Vermeersch, devant l’église Saint-François-de-Sales (photo: gracieuseté de ConceptArt multimédia)

Le Père Louis Charles Vermeersch, curé fondateur de la Paroisse francophone Saint-François-de-Sales et architecte de la construction du Centre scolaire-communautaire Samuel-de-Champlain de Saint-Jean, nous a malheureusement quittés le vendredi 17 mars dernier à l’âge de 96 ans. La communauté se rappellera un homme exceptionnel, dévoué, passionné, un rassembleur charismatique comme il ne s’en fait plus beaucoup de nos jours.

 

Né à Westkerke (Oudenburg) en Belgique en 1920, ce fils de fermier a été ordonné prêtre de l’ordre des Salésiens à Tokyo en 1953. Il y a enseigné l’anglais, tout en étant éditeur-traducteur de livres et d’un magazine catholique. Il est débarqué au Canada alors qu’il avait 40 ans. Sa connaissance de plusieurs langues (hollandais, allemand, japonais, italien, anglais, français) lui a ouvert bien des portes et bien des cœurs. En effet, l’achalandage au port de Saint-Jean, qui était l’un des plus occupés au pays pendant l’hiver avant l’achèvement de la Voie maritime du Saint-Laurent, l’a amené à devenir aumônier des installations de la ville portuaire. Ses compétences linguistiques lui « ont permis d’offrir aux marins du confort, de la camaraderie ainsi que de l’aide pastorale », a-t-il déjà confié en entrevue.

 

En 1980, suite à une suggestion de l’évêque Mgr Gilbert, le Père Vermeersch, épaulé par les religieuses de la congrégation Notre-Dame-du-Sacré-Cœur, a mis en œuvre des programmes éducationnels, culturels et religieux pour les francophones de la région. La Paroisse Saint-François-de-Sales naissait le 15 août 1981. Petit à petit, le noyau francophone se solidifiait et commençait à s’épanouir à Saint-Jean.

 

C’est au cours d’une discussion tenue aux débuts des années 1980 avec le regretté premier ministre Richard Hatfield que les plans du centre ont pris forme. Le politicien lui avait alors demandé : « Quand est-ce que les francophones de Saint-Jean vont qualifier la ville de notre chez-nous ? ». Le curé lui avait alors répondu que ce serait quand ils auront une place bien à eux pour se rencontrer et éduquer leurs enfants en français. Ce soir-là, le Père Vermeersch venait de terminer la lecture des récits des voyages de Samuel-de-Champlain, qui lui est aussitôt apparu comme un nom idéal pour le futur centre.

 

Avec l’arrivée de nouvelles familles, avec les pressions exercées par un comité piloté par le Père Vermeersch et ce qu’il surnommait  « sa Trinité », composée d’Irène Grant-Guérette, Anne Church et de la regrettée Diane Chevarie, les francophones de Saint-Jean ont finalement pu appeler la ville portuaire leur « chez eux » en 1985, avec l’ouverture officielle du Centre scolaire-communautaire Samuel-de-Champlain.  La salle de spectacle du centre, qui avait accueilli les messes durant plusieurs années, était nommée en son honneur, afin que les générations futures se souviennent de ses causes et de ses convictions.

 

Un dernier hommage à ce grand bâtisseur aura lieu dans l’église qu’il a bâtie avec ses paroissiens en 1998, l’église Saint-François-de-Sales, ce jeudi à 15 h. Monseigneur Robert Harris, l’évêque de Saint-Jean, officiera la messe. Au nom de tous les élèves et du personnel du Centre scolaire Samuel-de-Champlain, de même que des membres de la communauté francophone de Saint-Jean: mille fois merci et reposez en paix, Père Vermeersch !

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