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par Eric Kennedy

Une communauté en héritage

 

 

Hier comme aujourd’hui, dans une petite communauté francophone comme la nôtre, chaque membre est important. Chaque individu, avec ses forces et ses qualités, peut jouer un rôle déterminant dans l’épanouissement de la région. Nous avons discuté avec Anne Church, l’une des fondatrices de la communauté franco-saint-jeannoise, qui sera l’invitée d’honneur avec ses fils au Gala annuel de la Fondation Samuel-de-Champlain, qui aura lieu à Saint-Jean, le 24 mai prochain.

Anne Church, native d’Edmundston, est arrivée dans la région de Saint-Jean en 1972. Diplômée de l’Université du Nouveau-Brunswick en sciences infirmières, elle a accepté un poste à l’Hôpital général de Saint-Jean (aujourd’hui démoli). Elle et son mari ont vécu ici 28 ans. Ils ont eu deux fils, Éric et André, qui ont fréquenté notre école. Quand elle est arrivée à Saint-Jean, Mme Church ne se doutait pas qu’elle y jouerait un rôle déterminant qui marquerait à jamais le visage de la communauté. « J’ai vu Mme Irène Guérette en entrevue à la télévision communautaire. Elle parlait d’un 5 à 7 sur le côté ouest de la ville », se souvient-elle. Anne a commencé à s’impliquer dans la communauté francophone embryonnaire. D’abord, elle s’est impliquée du côté culturel, mais le groupe s’est vite rendu compte que les besoins étaient plus criants pour les francophones d’ici.

« Tout a un peu commencé autour de la pénurie de livres en français dans la région. La création du Cercle français a été la continuité logique de ces efforts. Après un discours sur l’accessibilité à l’éducation dans la langue de son choix par le premier ministre Hatfield, quelques parents et parents en devenir, incluant Mme Church, se sont mobilisés pour sonder la population afin de savoir si les parents étaient intéressés par une école francophone », nous raconte Mme Church. À une époque où l’Internet n’existait pas, il fallait éplucher le bottin, prendre le téléphone et solliciter les gens un à un, au risque de se faire parfois raccrocher au nez ou insulter. Mme Church se souvient des 20 premiers parents courageux qui se sont lancés dans l’aventure : il y a eu des hauts et des bas, mais eux et leurs enfants ont tenu bon. Si bien qu’il y a eu d’abord l’expérience de King Georges, une école désaffectée où les enseignants donnaient parfois leur classe sous les escaliers. Puis, une école toute neuve, pour une communauté francophone fleurissante : Samuel-de-Champlain était née !

« Nous étions une belle équipe », souligne-t-elle. « Cette équipe est devenue peu à peu une famille et l’embryon qui a formé la communauté franco-saint-jeannoise actuelle ». Car avec la nouvelle école, un comité de parents s’est formé, puis d’autres comités ont suivi, l’effet domino s’est enclenché. C’est exactement ce qui est en train de se produire avec la nouvelle école de Quispamsis. Anne Church en est d’ailleurs très fière. « C’est touchant de voir que des finissants de Samuel-de-Champlain ont mis au monde cette école. Pour des gens comme nous, ça fait chaud au cœur ». Grâce aux Pionniers, un nom tout à fait de circonstance, un nouvel embryon vient de naître, donnant encore plus de vigueur à la communauté francophone de la région.

« Nous avons besoin de rêveurs, de bâtisseurs et de gens capables de convaincre, surtout dans de petites communautés comme Saint-Jean », conseille Mme Church. Très humble dans son rôle d’avoir contribué à bâtir notre communauté, Mme Church rappelle aux jeunes qu’ils ont un rôle à jouer : « Nous avons construit ensemble quelque chose d’extraordinaire qui a permis à plein de gens de vivre leur culture, de s’épanouir en français. C’est une belle richesse qu’ils doivent utiliser à leur tour pour améliorer leur vie et s’épanouir », conclut-elle.

 

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